Le numérique offre une capacité unique à transformer la perception de l’âge : non plus comme une période de retrait, mais comme un terrain de jeux, d’expression ou d’influence possible. Nombreux sont les seniors devenus bloggeurs, youtubeurs, ou influenceurs, comme la fameuse pensionnaire de “Mamie Boude” ou encore Ginette Kolinka, grande témoin de la mémoire de la Shoah, qui s’est fait le porte-voix d’une histoire vivante sur Instagram.
Demain, les évolutions de l’intelligence artificielle, des objets connectés ou de la réalité virtuelle pourront, par exemple, proposer des expériences sensorielles adaptées, accompagner la rééducation ou la prévention (on pense déjà à l’émergence de simulateurs de conduite destinés à vérifier ses aptitudes de manière ludique). Relevons d’ailleurs que, selon une étude réalisée à Londres (UCL, 2023), le jeu vidéo, adapté et fréquenté par 17 % des seniors anglais, permet non seulement de lutter contre la sédentarité et le déclin cognitif, mais aussi de développer entraide et compétition intergénérationnelle.
Reste à faire en sorte que la “liberté numérique” ne soit pas un privilège mais un bien commun, accessible à tous, quelle que soit la région, le niveau de vie ou l’état de santé. Cela suppose d’inventer, encore et toujours, des formes d’accompagnement plus personnalisées, des outils plus simples, et une écoute attentive aux besoins exprimés sur le terrain.